Témoignages

"Un geste d’amour, de respect pour votre compagnon et pour vous"

Cela fait environ 10 ans que je m’intéresse à l’équitation éthologique. Avant cela, j’ai eu un parcours assez classique, poney club quand j’étais petite, puis cours de dressage classique et voltige.

Le jour où tout a changé : mon cheval, mon meilleur ami, me montre des signes d'agacement, d'énervement et d'angoisse, il est très contracté et il n’en fait plus qu’à sa tête, pendant mes cours d'équitation classique et lors de tout autre séance de travail. A l'obstacle, il est dans le même état et fait refus sur refus. A cette époque, une autre personne le monte également et il crottine énormément de stress pendant le travail avec elle.

Je me rends compte qu’il en a plus que marre, je me sens mal pour lui et je décide de tout arrêter, de le laisser tranquille. Pendant deux mois, il reste au pré. Je viens le voir tous les jours, juste pour le grattouiller en prairie. J’en ai profité pendant tout ce temps pour l’observer, pour prendre le temps de le connaitre autrement. J'ai découvert un tout autre plaisir qu’avant, un plaisir simple en partage avec mon compagnon. Au bout de ces deux mois, je me suis dit qu’il fallait qu’on recommence tous les deux au tout début, comme si on réapprenait tout, mais autrement.

J’ai commencé à lire des bouquins sur la méthode La Cense et Parelli. Cela me semblait évident, mes tripes me le disaient, depuis tout un temps d’ailleurs... J’ai donc recommencé avec lui à pied le B.A.BA, j‘ai appris la patience et encore la patience... J’ai pris quelques cours et je travaillais aussi seule de mon côté suivant mon feeling. Les résultats se sont vite fait ressentir. Son regard changeait, amusé de découvrir autre chose.

Au bout de quelques temps, j’ai recommencé doucement les cours de dressage classique mais rapidement, tous les deux, nous ressentions à nouveau de l’ennui et de la frustration. On arrivait à faire plein de choses en dressage mais personnellement, je ne me sentais pas fière de moi et mal à l’aise vis-à-vis de mon cheval car je trouvais la méthode ni harmonieuse ni respectueuse. Mon prof de dressage voulait que j'’utilise certains outils (dont des rênes allemandes), il n’était pas facile à mettre en main et pour lui c’était une solution. Cela allait tout à fait à l’encontre de ce que je ressentais.

De l'autre côté, dans mon travail Parelli, je commençais à stationner. Je ne progressais plus avec mon prof d'équitation éthologique et seule, je me rendais compte qu’il y avait des problèmes pour certains exercices. Mon cheval me le faisait bien comprendre.

J’ai donc décidé de reprendre des cours d’équitation éthologique avec un vrai instructeur diplômé de la Cense, en l’occurrence, Isabelle BASTAITS. Cela a son importance de trouver quelqu'un de vraiment qualifié car, à l'heure actuelle, il y a de tout mais on se rend vite compte des limites de certaines personnes qui se disent profs !!!! Je voulais tout reprendre à zéro avec elle afin de gommer le plus possible tous les défauts, tous ces parasites qui nuisent à une communication juste et fluide avec mon cheval.

Aujourd’hui, je me sens de plus en plus juste avec lui. Il n’a jamais été aussi bien mentalement, physiquement et émotionnellement. Le vétérinaire, l’ostéopathe et d’autres thérapeutes ne l’ont jamais trouvé aussi serein et harmonieux dans son corps. Je continue encore aujourd’hui car on n’a jamais fini d’apprendre à être fin et juste pour eux. Ils méritent que l’on prenne ce temps pour se mettre à leur niveau, pour essayer de les comprendre et pas seulement de les monter ou faire des exploits. La relation n’est que plus belle.

Il y a quelques semaines, ayant fini toutes les étapes préparatoires au sol et en selle, Isabelle m’annonce que mon cheval et moi sommes prêts pour réapprendre à travailler avec le mors. Sur le moment, j'ai eu beaucoup d’appréhensions, je ne voulais pas que cela recommence comme avant où il se mettait en défense, répondant ainsi à un mauvais comportement de ma part. Et là, comme par magie, tout semble doux, limpide. C’est à ce moment là qu’on se rend compte de l’importance de la confiance installée entre vous et votre cheval, d’apprendre toutes les bases, juste avec son assiette et ses jambes.  Le test ultime, avant l'usage du mors, c’est de tout vérifier en cordelette (si votre prof estime que vous êtes prêts).

Parfois, Il ne faut pas avoir peur de revenir en arrière si besoin.

La bouche du cheval ne devrait jamais être utilisée pour apprendre ! Pour moi, elle est là pour sublimer votre communication une fois que les prérequis sont atteints. Je n’ai jamais eu mon cheval aussi à l’écoute et aussi léger. Je sens enfin la différence entre se poser sur le mors et s’appuyer dessus, avoir réellement juste le poids des rênes. Dès que l'on aura terminé le dernier degré de la méthode La Cense, on sera prêt tous les deux à refaire du dressage et de l'obstacle mais avec la philosophie de l'équitation éthologique qui nous a appris entre autres à rester motivés, quoi que l'on fasse ensemble.

Je ne remercierai jamais assez Isabelle pour son professionnalisme et ses conseils judicieux et mon cheval pour m’avoir redonné toute sa confiance. Grâce à notre travail, Il reste détendu, à l’écoute en toutes circonstances (même à l'obstacle !) nous partageons maintenant à chaque séance de vrais moments de complicité. Il n'y a plus de rapport de dominance ni de contrainte, comme on nous l'avait enseigné avant.

Merci de tout cœur aux personnes qui œuvrent en ce sens, qui nous aident, nous les humains, à essayer d’être meilleurs pour et avec nos chevaux.

"Ce sont les chevaux qui nous apprennent comment être justes. A nous de les écouter à leur niveau."

Anne DENONVILLE, Kraainem, Belgique, 23 juin 2015, Cours particuler

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Si je devais décrire en deux mots ce que j'ai eu la chance de vivre lors de ce premier stage, ce  serait :

"Une RENCONTRE"

Cette RENCONTRE,  je la décrirais comme l'histoire d'un couple qui se rencontre lors d'un voyage, ils tombent profondément amoureux, mais... ils ne parlent pas la même langue... !

Au début tout est beau.

Mais si leur histoire doit continuer, s'ils veulent approfondir cette relation et s'y épanouir, alors, il faudra qu'au moins un des deux apprenne la langue, le langage de l'autre pour pouvoir communiquer, échanger, afin que cette belle histoire dure longtemps et que chacun s'épanouisse et y trouve joie et bonheur.

Je dirais que ce que l'on apprend via l'éthologie équine et, plus précisément grâce à l'enseignement d'Isabelle BASTAITS, femme passionnante et passionnée, c'est cela un langage commun, pour que le couple humain-cheval s'épanouisse le mieux possible, dans le respect, la compréhension et la joie !

Merci, Isabelle.

Nathalie D., Rosières, 9 juillet 2015, Stage degré 1.

DSC_0138Début juillet, j’ai fait une expérience troublante…

Soucieuse de connaitre toujours plus de choses sur les chevaux et d’explorer de nouveau horizons, je me suis dit : pourquoi pas l’éthologie ?

Sur le conseils d’une personne formidable (semble-t-il comme il en reste peu) qui m’accompagne et me conseille sans relâche presque chaque jour dans le respect des chevaux, à savoir ma prof de dressage, Laure GIERECH, j’ai poussé la porte des stages d’Isabelle BASTAITS et me suis inscrite au degré 1.

Et là, stupéfaction ! J’ai découvert une manière d’aborder les chevaux qui m’a séduite car le premier mot qui me venait constamment à l’esprit était : logique. Tout au long de ces deux jours, tout m’a paru en fait 100% logique, logique pour le cheval, logique pour moi compréhensible, évident et, du coup, dans le respect du cheval. Il pouvait enfin trouver sa place et on lui donnait sans cesse l’occasion de répondre à nos multiples attentes de cavalier qui, jusqu'à présent avaient été incompréhensibles mais qui, par cette approche, devenaient enfin cohérentes pour lui et donc bien plus justes.

Comme si, tout d’un coup, on me donnait la clé pour REELLEMENT dialoguer et échanger, sans fioritures mais avec confiance, avec mon partenaire de toujours, mon cheval. Avec fermeté, lorsqu’il le fallait car maintenant je sais quoi répondre à ceux qui me disaient : "mais pourquoi veux-tu faire de l’équitation éthologique ? Ils ne font que parler à leurs chevaux qui finissent par leur grimper dessus…" Mais une fermeté toujours dans le respect de la mesure, de ce qui est logique et qu’il pouvait donc comprendre et qui finalement finissait par rassurer le cheval qui y trouvait sa place.

Avec confiance surtout car quoi de plus stressant pour lui que la force qu’il subit après une « erreur » à nos yeux qui n’est en fait pour lui que la résultante du fait qu’il ne comprend rien à ce qu’on lui veut.

En résumé, une expérience qui n’était pas juste un autre horizon du cheval, comme je le pensais en arrivant, mais plutôt une direction nouvelle vers laquelle on ne peut que vouloir avancer…

Conclusions : dès la fin du deuxième jour, je me suis réinscrite aux degrés 2 et 3. Pourquoi ? Parce qu’il m’était impossible en sortant de ce stage d’envisager ne pas vouloir poursuivre dans cette voie avec les chevaux. Ca n’aurait pas été logique 🙂 !

Et, à mon retour au manège, je n’ai pas pu m’empêcher d’en parler, à ceux qui me demandaient comment cela s’était passé, en des termes semble-t-il attirants puisque nombre d’entre eux ont demandé les infos pour également participer à un stage degré 1 que l'on prévoit d'organiser sur place après les vacances…

C’est réellement une opportunité à ne pas manquer !

Aline L., Baisy-Thy, 9 juillet 2015, Stage degré 1.

Perla2

Jacques Brel disait : "Je vous souhaite d'avoir des rêves et l'envie d'en réaliser quelques-uns".

Pour moi, un de ces nombreux rêves était de savoir monter à cheval et posséder un jour un cheval, surtout un pur-sang arabe…

C'est pourquoi, je me mets en recherche de ma "Perle" rare...pour mes deux filles et moi, jusqu'à être foudroyée par une photo : Perla El Bey, une jument, 10 ans mais poulinière, jamais montée ni débourrée, déjà un challenge en soi. Nous sommes des cavaliers ayant peu d'expérience et nous nous entichons d'une jument qui n'en a pas, se laissant manipuler mais semblant déjà excessivement farouche et nerveuse à notre contact.

Les premiers temps s'avèrent difficiles déjà. Non seulement le débourrage, effectué par une professionnelle en qui nous avons toute confiance, est laborieux mais aussi tous les soins (le pansage, la douche, les pieds). Qu'à cela ne tienne, nous sommes volontaires, patients et motivés.

La première année s'écoule comme ça : entre joie des nouvelles avancées (car, ça y est, nous sommes dessus) et difficultés: écarts, chutes, galops infernaux, refus d'avancer, blocages, cabrades, coups de cul, impossibilité de partir seuls en balade...

Comme nous n'avons pas d'expérience et que nous sommes accompagnés par des professionnels dans un manège, nous nous disons que c'est normal. Néanmoins, insidieusement, la peur s'insinue. Peur de la brosser, de la seller, d'arriver en piste, des leçons de dressage, des leçons d'obstacle. Le doute s'installe, en plus de la charge quotidienne, le contact est difficile et générateur de stress intense. Le plaisir s'amenuise et pourtant, je tiens à ce regard et à ce contact que je perçois quelquefois sous forme d'éclairs fugaces ou de subits instants de grâce, je m'accroche, je ne me suis pas trompée, essayais-je de me persuader : elle peut tout donner, être complice.

Je décide d'aller demander conseil à une autre équipe de professionnels, une écurie de compétition, des vrais pros, me dis-je.

Après les 5 premières minutes de la première leçon, Perla se lève à la verticale, le ton est donné, nous reprenons à la base, à la longe, en leçon particulière. Le seul bienfait que j'en retire ( et ce n'est pas rien) est de nettement améliorer ma technique, je comprends des choses qui m'aident à me tenir fixe en selle à toutes les allures. Par contre, du côté de Perla, c'est le fiasco. Aucune amélioration de nos difficultés, de notre stress. Le verdict de ces professionnels sera sans appel : "il faut s'en débarrasser, il y a des tas de gentils chevaux sur terre, je ne pourrai jamais garantir que vous soyez en sécurité sur elle."

Quel propriétaire ne se remettrait pas en question à ce moment là ? Quelle mère de famille mettrait ses enfants en danger ? Où est la limite entre la persévérance et l'obstination?

Nous sommes en mai, Perla est avec nous depuis 1 an 1/2 maintenant et je n'entrevois pas le bout du tunnel. La limite sera donnée par une chute de ma fille aînée à laquelle j'assisterai : mise au galop en reprise collective, comme systématiquement, Perla fait des coups de cul de plus en plus violents, jusqu'à la chute qui occasionnera une fracture de main droite à 4 semaines des examens de fin d'année scolaire. La coupe est pleine. La blessure et la menace de mes enfants était la barrière à ne pas franchir.

Ma décision est prise : Perla va au pré et plus personne ne la monte ! Je n'en peux et n'en veux plus. Les différents professionnels rencontrés ne m'ont apporté aucune aide, tous englués dans leurs certitudes et leurs partis pris. Nous partons en vacances, temps d'éloignement et de recul...

La raison et les finances me recommandent de la vendre mais ce regard, toujours, cette fugace et très rare complicité poussent mon intuition à me dire qu'il existe une solution. Je me souviens de ce que la lecture régulière de Cheval Magazine m'a inculqué : remise en question, respect du cheval et de ses conditions de vie et d'un article en particulier sur les chevaux difficiles car Perla à été étiquetée à plusieurs reprises par des gens de métier comme dangereuse et non récupérable.

Je cherche sur internet, ne connaissant personne dans le monde du cheval. Je trouve deux noms en Belgique, les contacte toutes les deux : la première personne me parle d'argent sans poser de question sur la jument, la deuxième (Isabelle Bastaits) me pose des questions et me parle de solutions. Mon choix est fait mais je préviens les enfants qu'il s'agit de l'ultime tentative avant la vente.

Commence alors un relativement long mais ô combien magnifique parcours ! :

  • Remise en question complète de la manière d'appréhender les choses
  • Acceptation de s'ouvrir, de découvrir qui est le cheval et comment on peut instaurer un dialogue basé d'abord sur le respect mutuel.
  • Acceptation de regarder comment on se comporte et ce que ça déclenche chez l'autre.
  • Acceptation de mettre pied à terre pendant des semaines, des mois, pour détricoter et re-tricoter une autre relation, sans avoir la date de fin, seulement : "quand elle sera prête"...
  • Travailler beaucoup entre les séances, d'abord pour consolider les acquis mais aussi pour s'autonomiser dans la relation qui se crée chaque fois un peu plus et se l'approprier petit à petit.
  • Apprendre la patience, à se contenter de peu pour en obtenir d'avantage la fois suivante.

Et la magie opère : le respect chèrement acquis et la compréhension mutuelle se muent lentement en confiance et en plaisir. Je retrouve Perla et nos exercices avec joie, j'attends la séance suivante avec Isabelle en me réjouissant de ce qu'on va apprendre de nouveau, j'apprends à ne pas décider ou imposer un programme à ma jument en fonction de son état, du mien, de la météo, de notre humeur (on est des filles, quoi...).

C'est en acceptant de ne plus lui faire porter mes attentes, mes espoirs, mes exigences que j'ai pu découvrir quelle perle était ma petite jument Perla. C'est dans cet espace créateur de relation, que l'on découvre en prenant du recul, que j'ai pu laisser place à ce qu'elle avait à exprimer.

Aujourd'hui, après un peu moins d'un an de travail, je touche enfin du doigt mon rêve : nous partons en balade seules, nous faisons de l'endurance en licol éthologique, mes filles la remonte, elle adore la douche et boit au tuyau d'arrosage, ce qui était absolument inconcevable il y a encore quelques mois.

Plus qu'un parcours de rééducation, c'est un véritable chemin philosophique de transformation que j'ai parcouru, chemin d'écoute de soi et des autres. Cela me sert dans mon quotidien, avec Perla, mais aussi avec d'autres chevaux et dans mes rapports aux humains.

Je suis heureuse aujourd'hui d'avoir suivi mon intuition. Chaque fois que je libère Perla au pré après une séance de travail et que je la vois galoper pour rejoindre ses potes, je suis étreinte d'une émotion de gratitude : pour ceux et celles qui, au quotidien, travaillent à faire évoluer les mentalités dans le monde du cheval.

Pascale Frère, Huy, Cours particulier.

"Le cheval : maintenant qu’il n’est plus utile, il est nécessaire !

A nous qui n’avons que deux jambes, il en donne quatre; à nous qui avons perdu nos illusions, il propose l’idéal politique de la force sans violence et la justice immanente; à nous qui sommes prisonniers de nos vies modernes, il promet la liberté; à nous qui vieillissons trop vite, il restitue le paradis perdu de l’enfance; à nous qui trébuchons chaque jour, il offre, entre terre et ciel, le suprême équilibre. Il est bon avec les faibles et ne passe rien aux fanfarons. Il n’oublie rien de ce qu’ on lui a confié. Il nous comprend, il nous grandit. Il nous augmente."

Jérome Garcin

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